SCMS Randonnée Montagne

Chemin de Stevenson : séjour Août 2010

A l'automne 1878 Robert louis Stevenson, qui n'était pas encore le célèbre auteur de « l'île au trésor », se rend au Monastier sur Gazeille, près du Puy en Velay.

Le jeune écossais de 28 ans, dCHEMIN_DE_STEVENSON_HL2308_0941e santé fragile (il est tuberculeux), a projeté un voyage dans le Midi de la France pour découvrir le pays des Camisards, équivalents des protestants écossais persécutés par le pouvoir anglais.

Après avoir séjourné près d'un mois au Monastier, il quitte le village le 22 Septembre pour un périple de 12 jours qui va le conduire à Saint Jean du Gard. Il est accompagné d'une anesse rétive et attachante, Modestine, achetée « pour 65 francs et un verre d'eau de vie »

Ce voyage est devenu célèbre par le récit que Stevenson en a fait sous le titre « Voyage avec un âne dans les Cévennes », à tel point qu'en 1978 (soit cent ans plus tard) un itinéraire de randonnée a été mis en place sur ce trajet. C'est le GR 70, appelé aussi chemin de Stevenson.

Eh bien , 132 ans plus tard , un groupe de randonneurs mouansois, primevères et gentianes P1040794_2008mélangées , sans âne , mais sous la conduite de l'emblématique Geneviève flanquée de la fidèle Momo , s'est élancé sur ce chemin pour une marche de 8 jours afin d'accomplir la première moitié de l'itinéraire.

Après un voyage sans encombre jusqu'au Monastier, via les hautes gorges de la Loire la petite troupe a pris la route le 22 Août à la découverte du Puy en Velay, chef lieu de la Haute Loire. Le Puy est renommé pour être un des principaux points de départ en France du chemin de Compostelle mais aussi pour sa cathédrale à la célèbre Vierge noire, les ruelles escarpées de sa vieille ville et ses .... lentilles.

P1040927_2308Une chaleur accablante a rendu cette étape plutôt éprouvante et au vu des visages écarlates le soir on aurait pu croire que la troupe émergeait du désert saharien.

Quelques dissidents ( ou des prévoyants !) préféraient l'ascension du toit du Velay, le Mont Mézenc (1751 mètres ) d'où la vue embrasse tous les sommets du Massif Central mais également les Grandes Alpes jusqu'aux Ecrins et au Mont Blanc .

Le lendemain ce fut la plus grosse étape de la semaine, 23 kilomètres entre Monastier et le Bouchet Saint Nicolas. Une température plus clémente, le passage à Goudet où la Loire fait une jolie boucle, de longs chemins un peu monotones sur le plateau et nous voilà dans le sympathique village du P1040966_2308Bouchet où nous attendait une formidable ferme auberge où tout était parfait : accueil, confort, repas et liqueur de châtaignes maison.

Et à proximité le superbe lac glaciaire du Bouchet, rond comme une pièce de monnaie et entouré d'une belle sapinière au vert intense.

Nous en sommes partis le 24 au matin pour une traversée entre Loire et Allier dans l'air pur du plateau où le regard porte loin et où le chemin croise parfois des voies ferrées désaffectées et leurs viaducs à présent dédiés au vélo rail.

Le soir la descente sur le petit village médiéval de Pradelles, avec ses rues tortueuses, ses maisons anciennes, son musée du cheval de trait, est belle ; la nuit se passe dans un gîte d'étape exigu mais non sans charme installé dans une vieille demeure restaurée .

Le mercredi 25 est une journéP1050020_2408e de transition réservé à la récupération et aux visites. Après un court transfert (pédestre, ne rêvons pas !) nous voilà à Langogne petite ville de passage entre Velay et Gévaudan.

Détente sur la « plage » de Naussac, née d'un barrage sur l'Allier, où Geneviève fait admirer son crawl et sa plastique impeccables et où Domi, à sa grande frayeur se fait grignoter les pieds par le « monstre » de Naussac, dont certains assurent qu'il est plus terrible que celui du Loch Ness, sans pour autant être certains de l'avoir vu.

L'après midi très belle visite guidée dans la vieille ville , son église romane , ses maisons à trois niveaux , son cagaïre dans la position du randonneur accroupi dans les bois et sa filature des Calquières , épatant musée où l'on peut s'essayer au tissage.CHEMIN_DE_STEVENSON_HL2608_1456

La soirée se passe dans un gîte bric à brac dont le gérant déploie une volubilité légèrement alcoolisée.

Pas le temps de s'attarder cependant. Nous repartons en direction de Cheylard l'Evêque. L'étape relativement courte, 15 Kms, nous réserve une belle surprise : des ados, en stage de théâtre dans une bâtisse isolée, nous offrent spontanément un échantillon de leur talent sous la forme d'une petite représentation.P1050103_2608

Dans ce secteur le paysage est plus boisé, agrémenté de belles fermes en granit et après être passé à Fouzilhac et Fouzillic (à moins que ce ne soit l'inverse) nous couchons dans une paisible chambre d'hôtes après avoir dégusté un excellent repas « réunionnais « arrosé comme il se doit.

La sixième étape est écourtée en raison du mauvais temps. Quand le soleil et la chaleur reviennent on visite au passage les imposantes ruines du château de Luc et son donjon qui surplombe l'Allier. Après un passage à l'abbaye de Notre Dame des Neiges, somme toute oubliable, on fait halte à la Bastide Puy Laurent dans un ancien hôtel, autrefois fréquenté par les dames en crinoline et à présentP1050167_2708 tenu par un sympathique belge qui anime ces lieux pendant les mois d'été et ne dédaigne pas de se mettre au piano pour les hôtes de passage.

C'est l'occasion pour Gisou de soigner ses pieds ornés d'ampoules telles qu'elles éclairent notre chemin à la nuit tombante !

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Samedi 28

: c'est la dernière étape, 12 Kms seulement jusqu'à Chasserades.Un petit détour au barrage de Chassezac permet à ceux qui en ont encore « sous la pédale » de s'offrir une petite extension. Puis c'est l'arrivée au dernier gîte curieusement situé au pied d'un viaduc ferroviaire.

Le retour, le dimanche, se fera au milieu des châtaigneraies des forêts cévenoles après la visite du très beau village de La Garde Guérin, sentinelle de pierre au dessus des profondes gorges du Chassezac

La moitié du GR accomplie dans la bonne humeur le plus souvent, au milieu de paysages souvent magnifiques et intacts, avec des étapes presque toujours agréables, reste la deuxième partie.

Mais c'est une autre histoire qui s'écrira peut être en 2011....